La Grande Famine en Irlande (1845-1848) a été une période des plus sombres de l’Histoire irlandaise. On lui attribue entre 500 000 et 1 millions de morts, suite à la dévastation des cultures irlandaises. Meurtrière et éprouvante, elle a marqué le XIXème siècle de part ses pertes considérables, et a favorisé l’émigration vers le nouveau continent. Au delà des circonstances humaines tragiques, la Grande Famine a également vu l’émergence d’un conflit brutal : celui d’un conflit politique complexe dont les enjeux étaient considérables.
Histoire de la Grande Famine en Irlande
Quand le mildiou affame les irlandais…

Une famille de Galway victime de la Grande Famine – © Domaine Public
1845 : Un champignon parasite, « le mildiou », se propage sur les cultures irlandaises. Sa prolifération est étonnamment rapide, et l’humidité permet son extension massive vers la plupart des plants de pomme de terre, nourriture qui était autrefois un des aliments essentiel des foyers de l’époque. Parasité par le mildiou, le tubercule de la pomme de terre devient alors inconsommable : il se flétrit et pourrit, interdisant toute forme de récupération partielle du légume.
Cette catastrophe naturelle a alors pour conséquence de plonger l’Irlande dans une pénurie alimentaire à grande échelle, accentuant la misère rurale existante, affamant ainsi la population, et la privant de toute possibilité de subsistance. Les populations les plus touchées sont celles de l’ouest de l’Irlande, ainsi que le comté du Kerry. Les décès par anémie, malnutritions et sous-nutritions engendrèrent une épidémie considérable de choléra, touchant les plus faibles et les plus démunis.
Des milliers d’Irlandais meurent ou fuient vers les États-Unis
La famine provoque alors des pertes humaines terrifiantes, annihilant les populations de leurs forces vives, paralysant leur capacité à lutter contre la crise meurtrière. Les britanniques tentent alors de profiter de la situation, en expulsant les paysans incapables de payer l’impôt sur leurs terres. De nombreuses familles irlandaises sont alors jetées à la rue, et ne parviennent que rarement à subsister. (exemple : Le Ballinglass Incident)
Face à tant de misère, les irlandais voient alors en l’Amérique une solution idéale pour échapper à la famine. Suite au taux de mortalité grandissant faisant suite aux sévices de la famine, plusieurs milliers d’Irlandais quittent leur terre natale, pour s’embarquer par cargo vers l’Amérique. Bien que certains mourront suite à des tempêtes, et à des maladies suite à des voyages en mer trop long, des milliers d’irlandais gagnent la côte américaine, et forment une véritable diaspora irlandaise, qui existe encore à ce jour.
Pour eux, les États-Unis offrent un véritable rêve de recommencement : ce fameux « American Dream » leur ouvre des perspectives nouvelles, tant en terme économique, qu’en terme de lutte pour l’Irlande… Car ils voient en les États-Unis la possibilité d’une liberté totale exempte de toute domination britannique. Et ils sont près à lutter à distance pour leur île.
Les anglais exproprient les plus pauvres, et les irlando-américains s’organisent
Il faut préciser que les britanniques ont plutôt exploités la Grande Famine, pour expulser les plus pauvres et gagner des terres supplémentaires. Ces agissements ont totalement scandalisés les irlandais comme les irlando-américains, qui voient en les États-Unis un moyen de lutter à distance en faveur de la cause irlandaise.
Pour cela, les émigrés envoient des fonds aux indépendantistes restés au pays, et fondent le mouvement Fenian, une organisation active dont le but consistait à mener des opérations violentes à l’encontre du gouvernement britannique, afin d’obtenir l’indépendance totale de l’Irlande.
Les émigrés influèrent également sur le gouvernement américain, afin de les inciter à réguler les agissements britanniques. Certains retournèrent même plus tard en Irlande, en 1867, afin de participer à la lutte pour l’indépendance menée par l’IRB et le mouvement Fenian.
La Grande Famine en quelques chiffres
La Grande Famine dura 4 ans, mais ses conséquences s’étalèrent sur plus d’une décennie. Les pertes humaines furent estimées entre 500 000 et 1 million de morts.
Les réfugiés ont été évalués à 2 millions, et les émigrés à 2 millions également. Ce bilan tragique marqua à jamais l’Irlande : il fut la conséquence d’une catastrophe naturelle, combinée à des siècles d’exactions politiques britanniques sur le sol irlandais.




