Les Troubles en Irlande du Nord

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On appelle « Troubles« , une période sombre de 30 ans, qui marqua a jamais l’Irlande du Nord. Celle-ci démarra en 1969, pour s’achever en 1998, et fut une époque de grandes tensions entre les nord-irlandais et les anglais, qui ne cessèrent de s’affronter au travers d’attentats et autres actes de violences qui causèrent la mort de plus de 3 480 personnes.

Histoire des Troubles en Irlande du Nord

Contexte

Michael Collins - © Domaine Public

Michael Collins en uniforme de l’IRB – © Domaine Public

Tout commence le 21 décembre 1921, lorsque l’Irlande ratifie avec l’Angleterre un Traité, officialisant la création d’un État Libre d’Irlande. Cet État, se compose essentiellement du Sud de l’Irlande, et se voit coupé de l’Irlande du Nord, alors toujours considéré comme Dominion sous l’Emprise du Royaume-Uni.

Très vite, les tensions montent dans toute l’Irlande, réclamant que le Nord de l’Irlande soit également libéré de la domination britannique. Malgré tout, la situation géopolitique demeurera en l’état, jusqu’à nos jours, créant ainsi un conflit latent qui n’explosera qu’à la fin des années 1960.

Début des Troubles

Le début des Troubles en Irlande du Nord à proprement parler commence à la fin des années 1960, lorsque une poignée de catholiques décident de manifester contre les discriminations anti-catholiques alors en vigueurs en Irlande du Nord. Ces derniers optent pour la voie pacifistes, et organisent des marches ainsi que des sit-in en guise de protestation.

C’est en août 1968, que les évènements dégénèrent lorsqu’une marche est violemment réprimée par la Royal Ulster Force ou RUC, une armée britannique composée de plus de 90% de protestants. Malgré le statut pacifiste de leurs rassemblement, les catholiques nord-irlandais sont alors violentés et battus alors que ceux-ci ne possédaient ni armes, ni intention de nuire.

En automne 68, les catholiques redoublent pourtant d’effort, manifestant toujours pacifiquement au nom de la suppression des discriminations sociales dont ils font l’objet. Mais l’Ordre Orangiste ainsi que l’Ulster Volunteer Force (UVF) poursuivent leur répression en attaquant toujours plus violemment les manifestants.

Face à cette attitude, les tensions gagnent du terrain, et 1969 est l’année des premiers attentats perpétrés en Irlande du Nord. L’UVF est à l’origine de ces premières attaques, et entend ainsi terroriser les catholiques et ainsi mettre fin à leurs revendications.

Hélas, ces attentats ne stoppent aucunement les catholiques, qui multiplient les tentatives de rassemblements pacifistes. Le 12 août 1969, une nouvelle manifestation est littéralement écrasée par la RUC à Londonderry. On y dénombre 8 morts, ainsi que des centaines de blessés, tous du côté catholique. Face à cet événement profondément meurtrier, les quartiers catholiques se soulèvent, et c’est le 16 août 1969 à Belfast que les protestants leurs répondent en incendiant plus de 160 maisons catholiques, assassinent 8 nord-irlandais, et font 300 blessés.

Le Bloody Sunday déchaîne les violences entre catholiques et protestants

Le 30 janvier 1972, se déroule l’évènement tragiquement célèbre du Bloody Sunday où l’armée britannique ouvrit le feu sur une manifestation catholique pacifiste. Avec un bilan de 14 morts, et d’une centaine de blessés, ce drame éveille l’opinion internationale, ainsi que l’IRA, une armée paramilitaire irlandaise, alors en sommeil.

En réponse, l’IRA réplique avec un « Bloody Friday » : 22 bombes explosent alors dans Belfast, provoquant la mort de 16 protestants. C’est désormais l’escalade de la violence, et les 2 camps ne sont pas prêts d’y mettre un terme…

Très vite, certains républicains catholiques (IRA….etc.) sont attrapés par les anglais, qui les enferment sans jugement à la Prison de Maze, un pénitencier où les détenus sont violentés, et entassés dans des cellules nommées H-Blocks. Parmi les détenus, certains membres organiseront des grèves de l’hygiène : ces derniers refusent alors de vêtir l’uniforme des prisonniers, et vivent nus, enveloppés dans une simple couverture, en vivant dans des cellules crasseuses, envahies par leurs propres excréments.

Les Grèves de la Faim des années 80

Malheureusement, la pression de l’opinion internationale, couplée aux actions des républicains semblent insuffisantes pour pacifier la situation. Voilà pourquoi l’on observe dès 1980, de nouvelles tentatives pour sensibiliser le monde à la cause nord-irlandaise. C’est ainsi que des grèves de la faim sont organisées dans les prisons par l’IRA.

Malheureusement, toutes échoue, y compris celle de Bobby Sands, un activiste de l’IRA, qui décide d’entamer une grève de la faim et d’aller jusqu’au bout de son jeûne. Malheureusement, celui-ci meurt le 5 mai 1981 des suites de sa grève, sans que Margaret Thatcher ne réagisse.

Vers la Mise en Place d’un Processus de Paix

C’est dans les années 90, que l’Irlande du Nord, et l’Angleterre parviennent à un accord pour pacifier la situation. Ces derniers signent le 10 août 1998 les Accords du Vendredi Saint, un texte mettant en place un véritable processus de paix. C’est ainsi la fin officielle de ce que l’on appelait pudiquement les Troubles…

Ce ne sera qu’en, que l’I.R.A., ou d’autres milices paramilitaires finiront par déposer les armes de façon officielle.

Le Bilan des Troubles

En 30 ans, les Troubles comptèrent :

  • plus de 3 480 morts (civils et militaires composés d’hommes, de femmes et d’enfants)
  • de 47 500 blessés
  • de 19 600 prisonniers emprisonnés sans jugement
  • de 37 000 fusillades
  • de 16 200 attentats



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