L'Insurrection de Pâques en 1916 (ou Easter Rising)
Après des siècles et des siècles passés sous la domination britannique, l'Irlande a multiplié les tentatives de soulèvements. D'échecs en échecs, le sentiment anti-britannique gagne du terrain, et conforte les Irlandais dans cette volonté de lutter contre l'oppression exercée par le gouvernement Londonien.
Histoire de l'Insurrection de Pâques...
Années 1910 : la lutte nationaliste républicaine s'intensifie
Fort d'un lourd passif politique opposant les irlandais aux britanniques, le conseil suprême de
l'Irish Republican Brotherhood
décide le 16 janvier 1916 d'organiser une insurrection massive.
Alors que la Première Guerre Mondiale fait rage en Europe, l'organisation contacte l'Allemagne pour négocier un grand arrivage d'armes.
L'accord est rapidement conclut, et le cargo allemand "Aud" doit arriver pour Pâques, avec à son bord, 20 000 fusils.
Cependant, un patrouilleur britannique arrête le cargo : le capitaine saborde son bâtiment et se livre aux autorités britanniques de son plein gré, ainsi que le reste de son équipage, laissant les Irlandais devant la vision de ces 20 000 fusils gisant au fond de l'eau.
La Révolte est annoncée pour le 24 avril 1916
Mais ce constat ne les décourage pas : le 24 avril, alors que que 120 membres de l'Irish Citizen Army et 700 de l'Irish Volunteers Force défilent dans O'Connell Street à Dublin à l'occasion de Pâques, tout se met en place.
L'Irish Republican Brotherhood décide d'attaquer, et d'occuper la Poste Centrale, les Four Courts, Mendicity Institute, la biscuiterie Jacobs, les moulins Bolands, et la gare de Westland Row. Ces points se veulent stratégiques, dans le but de paralyser toute possibilité d'offensive pour les britanniques. Dans ce soulèvement, de nombreuses armes sont arrachées et volées aux britanniques.
Les femmes quant à elles, ont pour but de dérober le plus de vivres possibles, ainsi que des médicaments.
Cette stratégie est savamment orchestrée par 9 chefs :
- Patrick Pearse
- Michael Collins
- James Connolly
- Tom Clarke
- Eamon de Valera
- Sean McDiarmada
- Joseph Plunkett
- Constance Markievicz
L'Insurrection s'essoufle rapidement
Cette insurrection est particulièrement violente mais moins conséquente que l'avaient espérés l'I.R.B. : le soulèvement n'est pas général et les provinces irlandaises sont loin de multiplier les actions. Le plus gros de la bataille est donc à Dublin : l'I.R.B. parvient à repousser les assauts des britanniques, et attaque quelques casernes. Pour lutter, les britanniques décident de contacter par téléphone des unités stationnées à Curragh, Belfast, Athlone et Templemore, afin de les mobiliser vers Dublin.
Le mardi 25 avril, Patrick Pearse proclame la République d'Irlande, et radiodiffuse le succès de l'insurrection. Cependant, les britanniques n'ont pas dit leur dernier mot : leur contre-attaque fait de nombreux dégâts et les unités tant attendues mettent en péril les assauts irlandais. L'insurrection dura 6 jours : les britanniques maintinrent les irlandais dans une situation d'échec total jusqu'au 29 avril 1916, date à laquelle Patrick Pearse, alors président du gouvernement provisoire, décréta la cessation des combats et parvint à convaincre quelques irréductibles dirigés par Tom Clarke que le soulèvement était un échec.
La réédition sans condition fut signée le même jour.
L'après-insurrection : un bilan humain désastreux et des exécutions à titre d'exemple
Dans sa totalité, l'Insurrection a fait plus de 400 morts dont 318 civils, contre 60 à 80 insurgés. 2614 hommes et femmes ont été également blessés dont l'on a recensé 2217 civils. Une insurrection meurtrière donc, qui a lui a valut de porter le nom de "Pâques Sanglantes"...
Mais le bilan ne s'arrête pas là... A la fin de cette terrible journée, les britanniques se sentent dans une situation délicate. En effet soucieuse de faire un exemple et de dissuader toute tentative nouvelle de soulèvement, l'armée britannique fait le choix d'arrêter 3430 hommes et 79 femmes à Dublin, et 2000 personnes environ en Angleterre et au Pays de Galles.
Les cours martiales prononcent alors jusqu'à 90 peines de morts.
En mai 1916, 15 hommes dont 7 membres du gouvernements sont abattus à la prison de Kilmainham Gaol, dont :
Eamon de Valera est cependant simplement emprisonné : sa nationalité américaine le protégeant de toute exécution sommaire.

