Au sud de Belfast, entre les façades de brique de Queen’s University et les rues animées du quartier universitaire, les Botanic Belfast Gardens offrent une parenthèse de verdure au cœur de la ville. Le parc s’étend sur 28 acres, soit environ 11 hectares, et non 28 hectares comme on le lit parfois.
Ses grandes pelouses, ses arbres anciens et ses deux serres victoriennes en font l’un des lieux de promenade préférés des habitants. L’entrée est gratuite, aussi bien dans les jardins que dans le Palm House et le Tropical Ravine : une excellente idée de visite à Belfast, y compris lorsque la météo devient capricieuse.
Les jardins botaniques de Belfast furent créés en 1828 par la Belfast Botanic and Horticultural Society. À cette époque, la botanique passionnait les élites européennes. Explorateurs, marchands et collectionneurs rapportaient des végétaux d’Asie, d’Afrique, des Amériques et de l’hémisphère Sud, tandis que les progrès techniques permettaient enfin de les cultiver sous les latitudes britanniques et irlandaises.
Le jardin fonctionnait initialement grâce aux cotisations de ses membres et demeurait principalement réservé à ses souscripteurs. Le public pouvait toutefois y accéder le dimanche, l’un des rares jours de repos dont disposaient alors les ouvriers de Belfast.
En 1840, la reine Victoria accorda à l’établissement le titre de « Royal ». Les jardins devinrent ainsi les Royal Belfast Botanical Gardens.
La Belfast Corporation, ancêtre de l’actuel conseil municipal, racheta finalement le domaine. Celui-ci rouvrit en 1895 comme parc entièrement public, sous le nom de Botanic Gardens. Il appartient aujourd’hui au Belfast City Council.
Au XIXe siècle, Belfast connaît une croissance spectaculaire. Les filatures de lin, les chantiers navals et les ateliers mécaniques transforment profondément la ville. Les serres des Botanic Gardens deviennent alors une vitrine des ambitions scientifiques, industrielles et architecturales de cette nouvelle métropole.
Le parc conserve encore des arbres remarquables et des collections végétales héritées de cette période. Pendant la Seconde Guerre mondiale, une partie de ses terrains fut convertie en parcelles cultivées afin de participer à l’effort alimentaire.
Au fil du temps, les jardins sont également devenus un grand espace culturel. Ils accueillent ponctuellement des festivals, des concerts et des manifestations publiques, sans perdre leur rôle quotidien de parc de quartier.
Avec sa blancheur lumineuse, ses ailes vitrées et son dôme central, le Palm House constitue le monument le plus emblématique des jardins botaniques de Belfast.
Sa construction commença en 1839, et non en 1939. La serre fut dessinée par l’architecte Charles Lanyon, auquel Belfast doit également plusieurs bâtiments majeurs, notamment le célèbre Lanyon Building de Queen’s University.
Les deux ailes furent réalisées par le ferronnier et ingénieur Richard Turner, grand spécialiste des structures associant le fer et le verre. Elles furent achevées en 1840. La grande coupole centrale, destinée à accueillir des palmiers et d’autres végétaux de haute taille, fut ajoutée en 1852 par l’entreprise Young d’Édimbourg.
Le Palm House est ainsi l’un des plus anciens exemples au monde de serre construite en verre et en fer courbé. Son architecture appartient pleinement à l’époque victorienne et précède de plusieurs décennies l’Art nouveau : il serait donc inexact de rattacher sa conception à ce mouvement artistique.
La serre du Botanic Belfast Gardens est divisée en trois espaces. Une aile est consacrée aux végétaux tropicaux, tandis que l’autre accueille des plantes tempérées et des présentations saisonnières. Sous le dôme central, la hauteur disponible permet aux palmiers et aux espèces les plus imposantes de déployer leur feuillage.
Orchidées, plantes grasses, oiseaux de paradis, fougères et végétaux originaires de plusieurs continents composent un décor qui change avec les floraisons. La condensation qui perle sur les vitres et la chaleur humide contrastent fortement avec l’air souvent frais de Belfast.
La serre demeure relativement compacte. Une vingtaine à une trentaine de minutes suffisent pour la parcourir, mais les amateurs de botanique et de photographie pourront facilement s’y attarder davantage.
Plus discret depuis les allées du parc, le Tropical Ravine réserve une expérience très différente. Le bâtiment actuel fut imaginé par Charles McKimm, premier responsable des jardins, puis inauguré en 1889.
Plutôt que de présenter les plantes sur un même niveau, ses concepteurs exploitèrent un creux naturel traversé par un cours d’eau. Les visiteurs circulent sur une galerie surélevée et contemplent la végétation qui se développe plusieurs mètres plus bas. Cette perspective plongeante donne l’impression d’observer une forêt miniature depuis la canopée.
À l’époque victorienne, des grottes, des miroirs, des bougies et une petite cascade accentuaient encore le caractère théâtral du lieu. Le bâtiment fut agrandi en 1900, puis complété en 1902 par un bassin chauffé destiné à la culture des nénuphars géants.
La collection actuelle s’inspire notamment d’un inventaire botanique dressé en 1904. Elle comprend des fougères, des orchidées, des broméliacées, des canneliers, des bananiers et différentes espèces appartenant aux plus anciennes lignées végétales de la planète.
Certains cycas présents dans le Tropical Ravine ont plus de 200 ans. Ces plantes, parfois menacées dans leur milieu naturel, existaient déjà sous des formes proches à l’époque des dinosaures.
Le lieu est également associé à la Victoria amazonica, le spectaculaire nénuphar géant d’Amazonie. L’espèce fut cultivée en Irlande pour la première fois dans les jardins de Belfast en 1852 et continue d’y être plantée certaines années.
Après une importante campagne de restauration menée entre 2013 et 2018, le Tropical Ravine a retrouvé plusieurs éléments de son architecture victorienne. Le bâtiment a parallèlement été modernisé grâce à un système de brumisation, des vitrages plus performants, un ascenseur et des supports pédagogiques.
La découverte ne se limite pas aux deux serres. Les chemins traversent de grandes pelouses, des massifs fleuris et des alignements d’arbres arrivés à maturité. La physionomie du parc évolue fortement avec les saisons.
La roseraie devient particulièrement intéressante pendant les floraisons estivales. Le jardin alpin rassemble quant à lui des plantes adaptées aux terrains rocailleux et aux environnements plus rigoureux. Des sculptures, des bordures herbacées et des arbres originaires de différentes régions du monde ponctuent le parcours.
Les pelouses se prêtent parfaitement à une pause ou à un pique-nique. Les barbecues jetables sont en revanche interdits dans les parcs municipaux de Belfast.
Les Botanic Belfast Gardens sont entourés par l’un des quartiers les plus dynamiques de Belfast. Étudiants, familles, joggeurs et voyageurs se croisent dans les allées, donnant au parc une atmosphère plus vivante que solennelle.
À certaines périodes de l’année, des concerts et des événements peuvent être organisés sur les pelouses. Ces manifestations sont susceptibles de modifier l’accès à certaines parties du site.
L’Ulster Museum se trouve directement dans l’enceinte des jardins. Gratuit, il présente des collections consacrées à l’archéologie, à l’histoire de l’Irlande, aux sciences naturelles et aux beaux-arts. L’association des serres et du musée permet de préparer facilement une demi-journée de visite, même lorsqu’il pleut.
À quelques pas s’élève également Queen’s University Belfast. Son bâtiment principal, dessiné par Charles Lanyon, mérite le détour pour sa façade de brique rouge évoquant les grandes universités britanniques du XIXe siècle.
Botanic Avenue, toute proche, compte de nombreux cafés, restaurants et commerces. Elle constitue une bonne adresse pour déjeuner avant ou après la promenade.
Le printemps et le début de l’été offrent généralement les floraisons les plus généreuses. La roseraie est particulièrement séduisante pendant la période estivale, tandis que l’automne met en valeur les couleurs des arbres anciens.
Le Palm House et le Tropical Ravine restent intéressants toute l’année. Leur atmosphère chaude et abritée en fait même une excellente solution pendant une journée froide ou pluvieuse.
Prévoyez environ une heure pour une promenade rapide comprenant les deux serres. Une visite plus complète, associée à l’Ulster Museum, peut facilement occuper une demi-journée.
L’accès aux Botanic Gardens, au Palm House et au Tropical Ravine est entièrement gratuit. Aucune réservation n’est nécessaire pour une visite individuelle classique.
Des visites guidées du Tropical Ravine sont habituellement proposées le mardi et le jeudi à 14 h, ainsi que le samedi à 11 h. Il est conseillé de contacter le site au préalable pour vérifier leur maintien et leurs conditions d’accès.
Le parc possède plusieurs entrées situées sur Botanic Avenue, University Road et Stranmillis Embankment. Depuis le centre de Belfast, il faut compter environ 20 à 25 minutes à pied. La gare de Botanic se trouve à moins de dix minutes de marche.
Les lignes Metro 7 et 8 desservent les abords du parc. Aucun parking public n’est disponible à l’intérieur des jardins et le stationnement dans les rues voisines est réglementé.
Le Tropical Ravine est accessible aux personnes en fauteuil roulant et dispose d’un ascenseur conduisant à la galerie d’exposition. Des toilettes accessibles et une boucle à induction sont également disponibles. Certains accès du bâtiment ne sont toutefois pas équipés de portes automatiques.
L’accès au niveau inférieur du ravin est limité et doit être organisé à l’avance dans le cadre de certaines activités. Les visiteurs ayant des besoins particuliers sont invités à contacter l’équipe avant leur venue.
Les informations essentielles pour préparer votre visite avec les bons repères, les bons accès et les bonnes options de réservation.
College Park Ave, Botanic Ave, Queen's quarter, Belfast (Comté d'Antrim) - Irlande du Nord
54.581132, -5.930521