Les Rébellions Irlandaises

Theobald Wolfe Tone - cc


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Les Rébellions Irlandaises de 1798 furent une succession d’affrontements orchestrés par des irlandais nationalistes, souhaitant s’émanciper de la tutelle britannique. Dirigé par l’United Irishmen Society, le mouvement fera naître de nouveaux espoirs, et les irlandais ne cesseront de croire en une fin semblable à celle de la Révolution Française de 1789. Voici comment se déroulèrent ses affrontements…

Histoire de la Rébellion Irlandaise

Création de l’United Irishmen Society dirigée par Theobald Wolfe Tone

Theobald Wolfe Tone – Domaine Public

Tout démarre en 1791 lorsque quelques presbytériens radicaux de Belfast, décident de former un groupe politique baptisé “l’United Irismen Society”. Les membres de cette organisation ont pour principale vocation de lutter contre l’oppression anti-catholique, et obtenir l’indépendance de l’Irlande au travers de réformes parlementaires. On compte à sa tête Theobald Wolfe Tone, un avocat irlandais militant pour une République Irlandaise indépendante. Cet homme deviendra d’ailleurs très vite l’un des pères fondateurs du nationalisme moderne.

Lorsque la guerre entre la France et l’Angleterre débute en 1793, la Société des United Irishmen est déclarée illégale de peur qu’elle ne recherche l’assistance de la France. Elle se transforme alors en société secrète et militaire et décide d’organiser une véritable révolution.

Theobald Wolfe Tone prend alors contact avec le gouvernement français pour organiser une expédition en Irlande. Une flotte française constituée de 15 000 soldats, quitte donc la rade de Brest le 15 décembre 1796 mais ne parvient pas à accoster à Bantry Bay en raison de fortes tempêtes. L’invasion est abandonnée et la flotte rentre pour la France.

Face à la répression anglaise, les irlandais organisent une rébellion massive le 24 mai 1798

La répression s’abat alors sur Irlande. Le 30 mars 1798, la loi martiale fut proclamée à travers tout le pays. Afin de mettre à genoux le mouvement de l’United Irishmen Society, le gouvernement britannique lance une gigantesque opération de traque des rebelles. Au cours de ces recherches le gouvernement anglais ne manqua pas de brûler les maisons des villageois, torturant, violant, assassinant froidement les irlandais, et massacrant sans pitié tout le bétail des paysans.

Devant les agissements meurtriers des anglais, les United Irishmen décident de programmer un gigantesque soulèvement au 24 mai 1798. Au cours de l’organisation de cette insurrection, nombreux sont les paysans à intégrer le mouvement : on compte dès lors quelques milliers de participants.

La rébellion démarre à Dublin lorsque les United Irishmens tentent de s’emparer des bâtiments stratégiques de la capitale irlandaise. Ils sont malheureusement très vite écrasés, et essuient un échec des plus cuisants. Malgré l’échec de Dublin, les United Irishmen de la province d’Ulster se soulèvent à leur tour, menés par le presbytérien Henry Joy McCracken.

Le 7 juin, 3000 soldats irlandais attaquèrent la ville d’Antrim et, le 9 juin, la rébellion, menée par le protestant Henri Munroe, s’étendit au comté de Down. La révolte d’Ulster dura cependant moins d’une semaine avant d’être écrasée par l’armée anglaise. Henry McCracken et Henry Munroe furent alors capturés et exécutés par pendaison. Pendant ce temps, le comté de Wexford vit sa capitale remportée par les United Irishmen, qui redoublèrent ensuite d’effort pour s’emparer avec succès d’Enniscorthy. Ils essuyèrent cependant quelques échecs cuisants lors de leurs défaites à New Ross (5 juin) et à Arklow ( 9 juin). La défaite de New Ross fut un désastre pour les rebelles. Sur les 10 000 hommes engagés au début de la bataille, seuls 3000 survécurent du fait de leurs mauvais équipement militaire (beaucoup se défendaient à l’aide de pique et de fourche, tandis que de rares irlandaise utilisaient difficilement quelques armes collectées ci et là.).

Le 21 juin, les rebelles se replièrent tous à Vinegar Hill, près d’Enniscorthy, afin de livrer bataille aux 10 000 hommes du Général Lake. Très rapidement, les rebelles durent fuir devant le surnombre de leurs opposants. Les leaders de la rébellion dans les différents comtés furent tous condamnés à mort et exécutés.

Un mois plus tard, le 22 août 1798, une flottille de trois bateaux français débarqua à Killala, avec son bord plus de 1000 militaires emmenés par le Général Humbert et le Général Hardy. Ce fut le 22 août, que le Général Humbert et ses hommes réussirent à repousser la petite garnison anglaise présente sur place et à s’emparer de la ville de Killala. A l’annonce de cette victoire, des milliers d’irlandais vinrent intégrer les troupes françaises. Le 27 août, l’armée française lança un nouvel assaut et prit alors la ville de Castlebar, un point stratégique permettant au Général Humbert de contrôler l’ensemble du comté de Mayo.

La république fut proclamée le 31 août et John Moore élu président. Mais les généraux anglais renforcèrent leurs garnisons dans le comté et se préparèrent à attaquer Castlebar. Sans aucune force d’opposition, la ville fut très facilement reprise par les Anglais. En effet, se sentant menacés, le Général Humbert et 1000 United Irishmen avaient quitté Castlebar précipitemment le 4 septembre, et se dirigeaient rapidement vers le comté de Sligo dans le but de rejoindre l’Ulster. Sur leur route, ils durent livrer bataille au Général Lake qui les talonnait. Mais, sans aucune nouvelle des renforts français tant attendus, les chances de succès de l’expédition française diminuèrent de plus en plus. Le Général Humbert conduisit ses troupes à Ballintra et traversa le fleuve Shannon.

Les Français et les United Irishmen s’opposèrent à l’armée anglaise sur une petite colline à Ballinamuck,(Co. Longford). Ils y furent très rapidement vaincus, le 8 septembre 1798. C’est ainsi qu’au total plus de 500 United Irishmen furent tués, sabrés par la cavalerie ou mitraillés dans les tourbières.

Très vite, les Anglais reprirent Killala, mettant fin à la république du Connacht, et exécutant son président John Moore après un procès sommaire.

Le 16 septembre, une armée de 3000 hommes supplémentaires conduits par le Général Hardy, et par Wolfe Tone, accosta dans la baie de Rutland (Co. Donegal). La flotille tomba sur l’escadre anglaise et dut se rendre. Theobald Wolfe Tone fut reconnu, arrêté et conduit à Dublin. Traduit en cour martiale le 10 novembre 1798, il revendiqua ses actes et réclama, par égard pour son uniforme de chef de Brigade de l’armée française, d’être fusillé comme un soldat et non pendu comme un malfaiteur. Ses juges le condamnèrent néanmoins, à la pendaison. Mais, refusant la corde infâme, il se trancha la gorge dans sa cellule et agonisa pendant une semaine avant de mourir, le 19 novembre 1798. Sa mort marqua la fin définitive de l’insurrection de 1798.

Une Rébellion des plus meurtière de toute l’Histoire Irlandaise

On estime qu’entre 50 000 et 60 000 Irlandais périrent au cours des Rébellions Irlandaises. La conséquence politique immédiate de ce conflit fut l’abolition du Parlement irlandais en 1801, alors que son indépendance législative était acquise depuis 1782. Désormais, le sort des Irlandais dépendait des pleins pouvoirs du Parlement de Londres. L’île était rattachée à la Grande Bretagne par l’Acte d’Union, lequel donna naissance au Royaume Uni.








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