Une bouteille de lait éditée pour le millénaire de Dublin, les lunettes de Bono, un ancien annuaire téléphonique ou encore le doigt égaré d’une statue d’O’Connell : au Little Museum of Dublin, l’histoire de la capitale irlandaise se raconte à travers des objets que les grands musées auraient parfois laissés de côté.
Installé au numéro 15 de St Stephen’s Green, dans une maison géorgienne de briques rouges, ce musée rassemble les souvenirs confiés par les habitants. Photographies de famille, affiches, lettres, jouets, journaux et objets du quotidien composent un portrait vivant de Dublin, de ses habitants et de leur humour.

The Little Museum of Dublin
Le Little Museum of Dublin ne ressemble pas à une institution historique traditionnelle. Ses salles ont conservé l’atmosphère d’une maison particulière et ses collections semblent parfois avoir été disposées comme les souvenirs d’une grande famille.
La visite repose sur la parole de guides qui racontent Dublin avec précision, humour et un goût certain pour l’anecdote. Les grands événements politiques côtoient la musique, le sport, la publicité, la télévision et les petites habitudes qui ont accompagné le quotidien des habitants.
L’entrée s’effectue uniquement dans le cadre d’une visite guidée. Le célèbre parcours du musée dure 29 minutes et offre une introduction particulièrement accessible à l’histoire de la ville. Il est ensuite possible de découvrir les différents espaces d’exposition inclus dans le billet.
Le Little Museum of Dublin voit le jour en 2011 à l’initiative de Trevor White. Son ambition est alors de créer un musée consacré à Dublin et à ses habitants, avec une attention particulière portée au XXe siècle.
L’établissement possède une particularité : il ouvre presque sans collection. Un appel est lancé auprès des Dublinois afin qu’ils prêtent ou donnent des objets capables de raconter un souvenir, un quartier, une personnalité ou un changement dans la ville.
La réponse dépasse rapidement les attentes. Les habitants apportent des photographies, des lettres, des vêtements, des affiches, des produits commerciaux et toutes sortes de souvenirs familiaux. Ces objets modestes permettent de raconter une histoire plus intime que celle habituellement présentée dans les musées nationaux.
La collection compte aujourd’hui plus de 6 000 pièces. Toutes ne sont pas exposées simultanément, mais elles constituent une importante mémoire sociale et culturelle de Dublin.
Le musée occupe une maison géorgienne donnant directement sur St Stephen’s Green. Ses proportions, ses fenêtres à guillotine, ses cheminées et ses pièces distribuées sur plusieurs niveaux participent pleinement à l’expérience.
Le bâtiment rappelle l’époque durant laquelle les élites dublinoises s’installèrent autour des grandes places du sud de la ville. La maison n’est donc pas un simple écrin : elle constitue elle-même un fragment du patrimoine architectural de Dublin.
Sa taille relativement modeste explique le nom du musée, mais aussi une partie de son charme. Les visiteurs se trouvent à quelques pas des objets et du guide, dans un environnement qui favorise l’échange plutôt que la contemplation à distance.
Le bâtiment historique a fermé temporairement afin de faire l’objet d’une importante restauration. Pendant les travaux, une partie des activités fut transférée dans un espace provisoire de Pembroke Street.
Le Little Museum of Dublin a officiellement rouvert à St Stephen’s Green en juin 2025, au terme d’un chantier de 4,3 millions d’euros. La maison a été restaurée, les espaces d’exposition ont été repensés et de nouveaux équipements ont été aménagés.
Un ascenseur permet désormais d’accéder aux différents étages. Le musée dispose également d’une bibliothèque, d’archives, d’un espace de projection et de ressources pédagogiques plus développées.
La rénovation n’a pas effacé le caractère foisonnant de l’établissement. Les objets restent nombreux, proches les uns des autres et présentés dans une atmosphère volontairement domestique.
Le parcours évoque les profondes transformations traversées par Dublin au cours des XIXe et XXe siècles. La ville passe du statut de grande cité de l’Empire britannique à celui de capitale d’un État indépendant.
L’Insurrection de Pâques de 1916, la guerre d’indépendance et la guerre civile sont naturellement abordées. Des figures comme Michael Collins et Éamon de Valera apparaissent aux côtés des écrivains, journalistes, artistes et habitants anonymes qui participèrent eux aussi à la construction de l’identité dublinoise.
Le musée s’intéresse également aux décennies suivantes : le développement des quartiers, les changements sociaux, l’influence de l’Église, l’ouverture progressive du pays et l’émergence d’une nouvelle culture urbaine.
Le sport, la télévision, la publicité et les grands événements populaires trouvent leur place dans le récit. Cette approche montre comment une capitale se transforme non seulement à travers les décisions politiques, mais aussi dans ses salons, ses commerces, ses stades et ses rues.
Une grande partie de l’intérêt du musée réside dans la diversité de sa collection. Les objets exposés n’ont pas toujours une grande valeur financière, mais ils possèdent une forte capacité d’évocation.
Une bouteille de lait commémorant le millénaire de Dublin en 1988 rappelle une période durant laquelle la ville commença à porter un regard nouveau sur son patrimoine. Un annuaire téléphonique de la même époque pousse encore les visiteurs irlandais à rechercher le nom de leurs parents ou de leurs grands-parents.
La collection comprend aussi le pouce en marbre d’une statue d’O’Connell, détaché accidentellement lors du retour triomphal de l’équipe nationale de football après la Coupe du monde de 1990. Conservé pendant plusieurs décennies par une habitante, le fragment a finalement rejoint le musée.
Ces objets produisent un effet particulier : ils racontent des événements connus à hauteur d’homme. L’histoire nationale laisse alors place aux souvenirs personnels, aux hasards et aux anecdotes qui constituent la mémoire collective d’une ville.
Le Little Museum of Dublin possède un espace consacré à U2 et à l’histoire de la musique populaire irlandaise. Il retrace le parcours de Bono, The Edge, Adam Clayton et Larry Mullen Jr, depuis leurs années d’adolescence jusqu’à leur succès international.
Les quatre musiciens se rencontrent à la Mount Temple Comprehensive School après que Larry Mullen Jr a publié une annonce pour former un groupe. Cette histoire, devenue presque mythique, marque le début d’une aventure musicale profondément liée à Dublin.
L’exposition rassemble des photographies, des affiches, des disques, des billets de concert et plusieurs objets associés au groupe. Une photographie de classe de Mount Temple permet notamment d’apercevoir les futurs membres de U2 avant leur célébrité.
Les lunettes de Bono figurent parmi les pièces les plus populaires. La collection comprend également des souvenirs donnés ou prêtés par des personnes ayant accompagné le groupe pendant ses premières années.
L’espace ne se limite pas à U2. Il évoque plus largement la scène musicale dublinoise et plusieurs artistes majeurs, parmi lesquels Sinéad O’Connor, Phil Lynott, Luke Kelly et The Dubliners.
Le rez-de-chaussée accueille une exposition consacrée à l’âge d’or de Dublin. À la fin du XVIIIe siècle, la ville est l’une des plus importantes et des plus élégantes d’Europe. Ses places, ses grandes demeures et ses bâtiments publics témoignent de cette prospérité.
Le dessinateur anglais James Malton immortalise alors la capitale dans une série de vues architecturales. Ses œuvres montrent une ville ordonnée et monumentale, avant le déclin économique qui suit l’Acte d’Union de 1800 et le transfert du Parlement irlandais vers Londres.
L’exposition utilise ces dessins pour raconter l’évolution du paysage urbain. Elle permet également de mieux comprendre l’environnement architectural dans lequel se trouve le musée.
L’une des salles reconstitue le bureau de Robert « Bertie » Smyllie, rédacteur en chef de l’Irish Times de 1934 à 1954. Connu pour sa personnalité haute en couleur, il dirige le journal durant la Seconde Guerre mondiale et une période de profonde transformation de la société irlandaise.
Son bureau, sa lampe et sa machine à écrire sont présentés aux côtés d’anciennes éditions du quotidien. La salle évoque la vie d’une rédaction, les contraintes de la censure et la manière dont la presse dublinoise racontait les événements internationaux.
La machine à écrire fut offerte à l’Irish Times par l’écrivaine Maeve Binchy. Elle rappelle les liens étroits entretenus par Dublin avec le journalisme et la littérature.
Le parcours rénové accorde une place renforcée aux femmes qui ont participé à la transformation politique, sociale et culturelle de Dublin. Militantes, artistes, responsables politiques et citoyennes ordinaires apparaissent dans les différents espaces de la maison.
Cette présentation s’inspire notamment d’une célèbre déclaration de Mary Robinson lors de son élection à la présidence de l’Irlande en 1990. Elle rendait alors hommage aux femmes qui, au lieu de se contenter de « bercer le berceau », avaient contribué à bouleverser le système.
Le musée aborde également des trajectoires plus douloureuses. Une installation consacrée à Mary évoque notamment son passage dans une Magdalene Laundry et son long combat pour la reconnaissance des victimes de ces institutions.
Parmi les ajouts les plus spectaculaires figure Tara’s Palace, une maison de poupée monumentale inspirée de Leinster House, siège du Parlement irlandais.
Sa construction a demandé plus de vingt années de travail. Les pièces miniatures sont aménagées avec des meubles, des tableaux et des objets reproduits avec une précision remarquable.
L’œuvre intéresse naturellement les enfants, mais sa richesse dépasse largement le cadre du jouet. Elle témoigne de traditions artisanales minutieuses et offre une représentation singulière de l’architecture irlandaise.
Le Little Museum of Dublin s’adresse aussi bien aux adultes qu’aux enfants. Les guides sollicitent régulièrement les plus jeunes et utilisent les objets pour rendre les récits historiques plus concrets.
Les nouveaux espaces comprennent notamment une présentation consacrée aux animaux liés à l’histoire de Dublin. On y croise le souvenir d’un éléphant du zoo de Dublin ou celui d’un lion autrefois échappé jusqu’à Fairview Strand.
Le format relativement court de la visite guidée convient aux familles. Les enfants peuvent ensuite observer les objets et explorer les différentes salles à leur rythme.
Les visites sont principalement organisées en anglais. Les guides parlent généralement de manière expressive et utilisent de nombreux objets comme supports, mais un bon niveau de compréhension reste préférable pour profiter des anecdotes et de l’humour.
Le musée ne doit pas être abordé comme une simple collection en accès libre : la narration du guide constitue le cœur de l’expérience. Les visiteurs peu à l’aise en anglais peuvent se renseigner avant la réservation sur les éventuelles ressources disponibles dans d’autres langues.
La visite guidée principale dure 29 minutes. Il est toutefois conseillé de prévoir environ une heure afin d’examiner les collections, l’espace U2 et les autres expositions après la présentation.
Le musée se trouve face à St Stephen’s Green et à quelques minutes de Grafton Street. Sa visite peut facilement être associée à une promenade dans le parc ou à la découverte des rues géorgiennes voisines.
Le bâtiment est désormais accessible aux personnes en fauteuil roulant grâce aux aménagements réalisés lors de la rénovation. Un espace sécurisé permet également de déposer les sacs plus volumineux pendant la visite.
Le restaurant Hatch & Sons occupait autrefois le sous-sol de la maison. Il ne fait plus partie des services proposés par le musée et ne doit donc plus être présenté comme le bon plan gourmand de l’établissement.
Le Little Museum of Dublin ne possède actuellement aucun café. Plusieurs restaurants se trouvent néanmoins autour de St Stephen’s Green. Le billet du musée permet de bénéficier d’une réduction de 10 % auprès de certains établissements partenaires, sous réserve des conditions en vigueur.
Les informations concernant les collections et les visites sont disponibles sur le site officiel du Little Museum of Dublin.
Les informations essentielles pour préparer votre visite avec les bons repères, les bons accès et les bonnes options de réservation.
15, St Stephen's Green, Dublin (Comté de Dublin) - République d'Irlande
53.339638, -6.258315
45 minutes
Le Little Museum of Dublin est ouvert 7 jours sur 7.
L’accès au musée s’effectue uniquement avec une visite guidée. Le parcours principal dure 29 minutes, mais il est préférable de prévoir environ une heure pour découvrir les expositions.
Le nombre de places est limité. Une réservation en ligne est fortement recommandée, notamment pendant les week-ends, les vacances et la haute saison touristique.
Les horaires peuvent être modifiés lors d’événements privés. Vérification conseillée sur la page officielle Plan your Visit.
Le billet comprend la visite guidée principale ainsi que l’accès aux collections et à l’exposition consacrée à U2.
Les détenteurs d’un billet valide pour le bus touristique DoDublin peuvent bénéficier d’une entrée gratuite, selon les conditions du partenariat. Cette entrée ne peut pas être réservée à l’avance et dépend des places disponibles lors de l’arrivée au musée.
Tarifs susceptibles d’évoluer. Réservation conseillée sur le site officiel du Little Museum of Dublin.
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